Séisme politique en France. Reconnue coupable de détournements de fonds publics en tant qu’ex-président du Front national (FN) rebaptisé (RN)dans le procès des assistants parlementaires européens, Marine Le Pen a écopé lundi 31 mars d’une lourde peine : quatre ans de prison, dont deux ans ferme aménagés sous forme de détention électronique à domicile, assortie d’une inéligibilité immédiate de cinq ans et d’une amende de 100.000 euros. Cette peine complémentaire, prévue par une loi sur la moralisation de la vie politique de de 2016, rend Marine Le Pen immédiatement inéligible même si l’ex-présidente du FN fait appel de cette décision. Or, sa participation à la prochaine élection présidentielle de 2027 ne paraît plus compromise après l’annonce de la justice d’organiser un procès en appel dont la décision serait rendue à l’été 2026. Une annonce qualifiée de « très bonne nouvelle» par l’accusée qui peut espérer candidater pour diriger la France. Marine Le Pen, son parti, et vingt-quatre autres personnes (ex-eurodéputés, assistants parlementaires et salariés du parti) étaient tous accusés de détournements de fonds publics, de complicité et de recel de fonds publics. La justice leur reprochait d’avoir, entre 2004 et 2016, rémunéré des salariés du Front national (le parti a changé de nom en devenant Rassemblement national) en utilisant des fonds attribués aux députés européens prévus pour payer leurs assistants parlementaires.
