Laila Lamrani
Le cliché, largement relayé sur les réseaux sociaux le lundi 20 avril, a provoqué une vive émotion. On y voit un soldat, masse à la main, s’acharner sur une statue de Jésus crucifié, déjà renversée. L’image, à la fois brutale et symboliquement lourde, a rapidement suscité indignation et réactions officielles. Dans la foulée, l’armée d’occupation israélienne a confirmé qu’il s’agissait bien d’un de ses soldats, déployé dans le sud du Liban, et a annoncé l’ouverture immédiate d’une enquête.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Moins de 24 heures après l’éclatement de la polémique, Forces de défense israéliennes (Tsahal) a sanctionné deux militaires impliqués : l’un pour avoir détruit la statue, l’autre pour avoir filmé la scène. Tous deux ont été condamnés à 30 jours de prison et écartés de leurs fonctions de combat. L’armée sioniste a également précisé que six autres soldats, restés passifs, seraient convoqués, tandis qu’un rappel strict des protocoles relatifs au respect des lieux et symboles religieux a été diffusé.
Officiellement, le message se veut clair : ce type de comportement constitue une entorse grave aux valeurs de l’institution et sera traité « avec la plus grande sévérité ». Une diligence et une fermeté qui tranchent par leur rapidité et leur visibilité. Mais cette réactivité soulève, en creux, une question plus dérangeante. Car si la chaîne de commandement sait se montrer réactive et ferme lorsqu’il s’agit d’une grave atteinte à un symbole religieux, elle reste bien plus souvent passive dans le traitement d’affaires autrement plus graves impliquant les massacres de milliers de civils palestiniens — y compris des journalistes. Dans ces cas, les enquêtes ne sont pas diligentées , les responsabilités se diluent et les sanctions des coupables ne tombent jamais…
Ce parallèle alimente un sentiment de « fermeté à géométrie variable », où la visibilité médiatique et la nature symbolique des faits semblent peser davantage que la gravité humaine de massacrer du Palestinien ou du Libanais. Le terrorisme d’Etat pratiqué par la bande à Netanyahou relève dans le lexique des criminels de “légitime défense”. Mais depuis quand le bourreau a le droit de défendre contre la victime ?








