Fouzi Lekjaa a choisi le patronat comme interlocuteur particulièrement stratégique pour présenter les orientations économiques du Parti authenticité et modernité (PAM).
Le 10 septembre, le dirigeant du parti s’est rendu au siège de la CGEM, à Casablanca, pour près de trois heures et demie d’échanges avec les représentants des entreprises.
L’exercice revêtait une double dimension. M. Lekjaa s’exprimait au nom du PAM dans le cadre de la campagne électorale, tout en intervenant comme ministre délégué chargé du Budget, alors que se prépare le projet de loi de finances pour 2027.
Devant les représentants de la CGEM, il a présenté une doctrine économique plaçant le secteur privé au cœur de la création de richesse et d’emplois. Le programme du PAM prévoit notamment de faire de l’entreprise le principal moteur de l’investissement, l’État conservant un rôle central dans les secteurs stratégiques. Parmi les propositions figure la formalisation progressive de l’économie informelle à partir de 2027. M. Lekjaa a précisé que cette démarche ne viserait pas, dans un premier temps, à augmenter les recettes fiscales, mais à faire entrer les activités concernées dans un cadre déclaré et transparent, avec un accès aux dispositifs de financement et de soutien.
Autre engagement mis en avant devant les patrons : aucune hausse de la pression fiscale sur l’entreprise productive durant la période 2027-2031, selon le programme présenté. Le PAM mise parallèlement sur l’élargissement de l’assiette fiscale, notamment grâce à la formalisation de l’économie et à l’amélioration du recouvrement. La simplification administrative a également occupé une place importante dans les discussions. Le PAM propose notamment de remplacer, dans plusieurs domaines, le régime des autorisations préalables par des cahiers des charges assortis de contrôles a posteriori et de délais opposables. Cette proposition rejoint une revendication ancienne de la CGEM en matière de simplification des procédures administratives.
Les échanges ont aussi porté sur le financement des TPME, l’emploi, la formation, la compétitivité industrielle et les obstacles administratifs à l’investissement. À la suite de la rencontre, la CGEM a d’ailleurs entrepris de recenser auprès de ses adhérents les blocages administratifs rencontrés dans leurs projets. Sur le plan macroéconomique, le programme présenté par M. Lekjaa table sur une croissance moyenne de 5 %, une inflation plafonnée à 2 %, un déficit maintenu à 3 % du PIB et une dette publique ramenée à 62 % du PIB en 2031. Le financement du dispositif repose notamment sur l’hypothèse d’un élargissement de l’assiette fiscale et d’une croissance plus soutenue.
La rencontre a enfin débouché sur une proposition de partenariat institutionnel entre le PAM et la CGEM, avec notamment l’idée d’une instance conjointe de suivi, de contractualisations par filière et d’une implication du patronat dans les référentiels de formation et les contrats de performance des opérateurs économiques publics. (Médias24) À travers cette rencontre, le PAM a donc choisi de parler économie au patronat, avec un message central : davantage de place à l’entreprise, moins de contraintes administratives et une formalisation progressive du secteur informel. Reste désormais l’étape essentielle : le passage des engagements de campagne aux politiques publiques, si le parti participe à la prochaine majorité.








