Grève des avocats : L’ABAM refile la patate chaude au prochain gouvernement

Le mouvement des avocats a fait beaucoup de tort aux justiciables.

Après plus de quatre mois d’arrêt des prestations professionnelles, l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a annoncé le maintien de la pression jusqu’au un 7 octobre, avant de suspendre temporairement son mouvement. Une trêve qui ne signifie ni reddition ni abandon des revendications. Le dossier est désormais renvoyé aux nouvelles institutions issues des élections législatives du 23 septembre. Les robes noires vont-elles enfin reprendre le chemin des tribunaux ? Oui, mais seulement temporairement. 

Réunie en session ordinaire le 20 septembre à Rabat, l’Association des barreaux du Maroc a décidé de maintenir l’arrêt des prestations professionnelles jusqu’au 7 octobre 2026, avant de suspendre provisoirement le mouvement à compter de cette date.

Après plus de quatre mois de bras de fer, cette décision ressemble davantage à une trêve qu’à une sortie de crise. L’ABAM prend acte du changement de séquence politique provoqué par les élections législatives du 23 septembre et choisit de laisser au prochain gouvernement le soin de reprendre un dossier devenu particulièrement explosif. Pour l’ABAM, le 7 octobre intervient après les élections législatives et à l’approche de l’ouverture de la nouvelle année législative. L’association veut ainsi donner aux nouvelles institutions et au prochain gouvernement la possibilité de se saisir du dossier et de corriger, selon ses termes, les dysfonctionnements qu’elle estime avoir marqué le processus législatif relatif à la profession.

Autrement dit, la patate chaude change de mains. Le gouvernement sortant aura laissé derrière lui une réforme qui a provoqué un long conflit avec une profession qui revendique son indépendance, son autonomie et la préservation de ses acquis. Le prochain exécutif devra donc composer avec une équation particulièrement délicate : répondre aux revendications des avocats sans remettre en cause les objectifs de réforme et de modernisation de la justice. L’ABAM prend soin de préciser que la suspension du mouvement ne constitue ni un abandon de ses revendications ni une acceptation des dispositions contestées de la loi régissant la profession. Elle entend au contraire profiter de cette nouvelle séquence pour préparer la suite de sa mobilisation. L’association met notamment en avant l’indépendance de la profession, son autonomie de gestion et ses acquis. Elle considère que le dossier doit désormais être repris dans un nouveau cadre institutionnel, avec une nouvelle majorité et un nouveau gouvernement. Pour le futur exécutif, le dossier pourrait rapidement devenir l’un des premiers tests de sa capacité à renouer le dialogue avec les professions organisées.

Le prochain gouvernement devra donc trouver un terrain d’entente là où le précédent exécutif n’a pas réussi à désamorcer le conflit. D’autant plus que l’enlisement du mouvement a un coût, pour les avocats comme pour les justiciables. L’ABAM souligne elle-même les difficultés financières et morales supportées par les professionnels après plusieurs mois d’arrêt. De leur côté, les citoyens confrontés aux reports et aux perturbations des tribunaux attendent surtout le retour à un fonctionnement normal de la justice.

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