Le bureau syndical affilié à l’UMT dénonce un manque d’information et de concertation autour d’un projet concernant principalement les salariés de la télévente. Il réclame la suspension des signatures et des garanties sur les droits sociaux et professionnels. Un projet de transfert de contrats de travail vers la France suscite des inquiétudes chez certains salariés de Foundever Maroc. Dans un communiqué, le bureau syndical de l’entreprise, affilié à l’Union marocaine du travail (UMT), alerte sur une démarche de la direction visant à faire signer à plusieurs employés des avenants prévoyant le transfert de leurs contrats vers une entité désignée sous l’appellation « Foundever Succursale France».
Les salariés concernés appartiennent principalement à l’activité de télévente, directement exposée aux récentes évolutions de la réglementation française encadrant le démarchage téléphonique. Pour les représentants syndicaux, ce contexte impose des explications précises sur les motivations économiques et organisationnelles de l’opération, mais aussi sur ses conséquences pour l’emploi et les conditions de travail.
Un changement d’employeur sous conditions
Le bureau syndical considère que cette opération pourrait modifier substantiellement la relation de travail, notamment en matière de cadre juridique applicable, de protection sociale, de droits acquis et de perspectives professionnelles. Il déplore l’absence d’information et de consultation préalables des représentants des salariés.
Autre point soulevé : l’identification juridique de la future entité employeuse. Selon le syndicat, les documents présentés aux salariés ne fournissent pas suffisamment d’éléments permettant d’établir précisément son identité et sa capacité à reprendre les contrats. Il réclame notamment sa dénomination sociale exacte, son numéro d’immatriculation, son adresse et l’identité de son représentant légal.
Face à ces incertitudes, le bureau syndical demande la suspension de la procédure de signature des avenants jusqu’à la communication de l’ensemble des informations juridiques et sociales nécessaires. Il réclame également l’ouverture immédiate d’un dialogue avec la direction, la consultation formelle des représentants des salariés et la présentation de garanties explicites concernant l’ancienneté, la rémunération, les droits acquis, la protection sociale et les conditions de travail.
Le dialogue social en question
Le communiqué intervient également dans un contexte de tensions autour de la reconnaissance du bureau syndical. Celui-ci affirme avoir notifié officiellement sa constitution à la direction par huissier de justice, puis par courrier recommandé, sans que ces démarches n’aient abouti à une réception effective, selon ses déclarations. Il indique disposer du récépissé de dépôt délivré par les autorités compétentes de la préfecture d’Aïn Chock, à Casablanca.
En appelant les salariés concernés à la vigilance, le syndicat les invite à ne prendre aucun engagement susceptible d’affecter leur avenir professionnel sans avoir préalablement obtenu toutes les informations nécessaires à un consentement éclairé.
Au-delà du transfert envisagé, cette affaire pose la question de la transparence des réorganisations d’entreprise et de la place accordée aux représentants du personnel lorsque des décisions sont susceptibles de modifier les conditions d’emploi. À ce stade, les griefs et demandes rapportés sont ceux du bureau syndical ; aucune réponse de la direction de Foundever Maroc n’est mentionnée dans le communiqué.








