Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a annoncé mardi 3 novembre sa démission du gouvernement de Pedro Sánchez, dans le sillage du dramatique accident ferroviaire survenu à Urda, dans la province de Tolède, qui a fait 69 morts. Il renonce également à être candidat du Parti socialiste (PSOE) aux élections législatives du 29 novembre prochain. Cette démission intervient après deux accidents meurtriers sur le réseau espagnol à grande vitesse en moins d’un an. En janvier dernier, une collision à Adamuz, en Andalousie, avait coûté la vie à 46 personnes. Le bilan des deux catastrophes atteint ainsi 115 morts, plaçant la sécurité du réseau ferroviaire espagnol sous une pression considérable.
Devant les parlementaires, Óscar Puente a justifié sa décision par des considérations de « dignité politique, de cohérence et d’empathie envers les victimes ». Selon lui, un ministre des Transports ne peut rester en fonction après deux accidents d’une telle gravité en moins d’un an, qu’il porte ou non une responsabilité directe dans ces drames. Le Premier ministre Pedro Sánchez a salué ce geste, estimant que le ministre avait assumé ses responsabilités, fourni des explications et proposé des mesures avant de se retirer. Pour assurer la continuité gouvernementale, il a confié provisoirement le portefeuille des Transports à Carlos Cuerpo, vice-président du gouvernement et ministre de l’Économie, jusqu’à la formation du prochain exécutif après les élections du 29 novembre. En Espagne, la question ferroviaire est désormais devenue un enjeu majeur de responsabilité politique autant que de sécurité publique.








