Ronald Lauder lâche Netanyahu : Le désamour qui ébranle le camp sioniste 

Ronald Lauder, un geste qui en dit long…

En annonçant qu’il n’a plus l’intention de retourner en Israël, le président du Congrès juif mondial adresse un avertissement sévère à Benjamin Netanyahu. Au-delà d’une brouille personnelle, sa prise de distance révèle les fractures qui traversent le soutien international à l’État hébreu, y compris au sein de ses cercles d’influence traditionnels.

Laila Lamrani

Ronald Lauder, milliardaire américain et président du Congrès juif mondial, a annoncé avoir coupé ses liens personnels avec Israël, allant jusqu’à déclarer qu’il n’avait aucune intention d’y retourner. L’homme d’affaires, héritier de l’empire cosmétique Estée Lauder, est un homme dont la parole compte et dont l’influence s’exerce au cœur du pouvoir américain. Il a été sous-secrétaire adjoint à la Défense chargé de l’Europe et de l’OTAN (1983–1984), puis ambassadeur des États-Unis en Autriche (1986–1987) sous la présidence de Ronald Reagan.

Lauder ne prend pas seulement ses distances avec Israël : il dresse un réquisitoire contre sa direction politique, incarnée par Benjamin Netanyahu, qu’il accuse de sacrifier les intérêts nationaux à ses ambitions personnelles.

Dans un entretien accordé au quotidien israélien Haaretz, publié le 23 octobre, Lauder a confirmé avoir vendu ou cédé ses propriétés en Israël. Mais derrière ce désengagement immobilier se dessine une rupture autrement plus symbolique : celle d’un homme qui a longtemps évolué dans les cercles d’influence proches du pouvoir israélien et qui dénonce désormais, avec une rare virulence, les orientations de son ancien ami. « Je n’ai aucune intention de retourner en Israël. Aucune », a-t-il déclaré. Une formule sans ambiguïté, qui tranche avec son engagement de longue date en faveur de l’État sioniste. 

Lauder et Netanyahu ont entretenu pendant des années une relation étroite. Le milliardaire a fréquenté le futur Premier ministre dès les années 1980, lorsque celui-ci représentait Israël auprès des Nations unies à New York. Il l’a aidé à nouer des contacts dans les milieux politiques américains, notamment républicains, et a longtemps compté parmi ses soutiens influents. Cette proximité appartient désormais au passé. Lauder reproche à Netanyahu de privilégier sa survie politique au détriment des intérêts supérieurs d’Israël. Il critique également la place accordée aux ministres d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, dont les positions, selon lui, contribuent à détériorer l’image du pays et à compromettre son avenir.

L’ancien confident va jusqu’à décrire le fonctionnement du pouvoir comme celui d’un homme seul, peu soucieux des règles démocratiques. Il estime que la réélection de Netanyahu pourrait coûter cher à Israël, en aggravant ses difficultés politiques et diplomatiques. Le compte-à-rebours a déjà commencé.

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