Alors que les médiateurs égyptiens, qataris et américains tentent de relancer un processus de paix enlisé, les déclarations du Premier ministre israélien sur l’extension du contrôle militaire de Gaza alimentent les inquiétudes. Sur le terrain, les frappes sauvages se poursuivent sans relâche, endeuillant une population civile déjà épuisée par des mois de guerre génocidaire et de déplacements forcés.
Jamil Manar
« Nous tenons actuellement le Hamas à la gorge. Nous contrôlons désormais 60 % du territoire de Gaza et mon objectif est d’aller jusqu’à 70 %», a déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou le 28 mai lors d’une conférence diffusée par une chaîne de télévision israélienne.
Ces propos ont suscité l’inquiétude des médiateurs engagés dans les négociations, car ils semblent s’éloigner de l’esprit du plan de paix en vigueur depuis octobre 2025. Malgré de nombreuses violations signalées, cet accord avait permis une relative accalmie en réduisant sensiblement l’intensité des bombardements barbares sur l’enclave palestinienne. Selon plusieurs sources régionales, des initiatives diplomatiques sont en cours pour relancer la deuxième phase de l’accord, restée lettre morte depuis plusieurs mois. L’Égypte, en coordination avec le Qatar, la Turquie et les États-Unis, tente notamment de ramener les deux parties à la table des négociations. Parallèlement, le Conseil de la paix chargé de préparer une administration technocratique pour Gaza serait confronté à d’importantes difficultés financières, freinant son action.
Sur le terrain, les agressions militaires sionistes se poursuivent. Ces dernières semaines, de nouveaux ordres d’évacuation ont visé des quartiers jusqu’alors relativement épargnés, où de nombreuses familles déplacées avaient trouvé refuge. Plusieurs secteurs ont ensuite été frappés, provoquant d’importantes destructions.
Le 26 mai, alors que les habitants de Gaza effectuaient leurs derniers achats avant l’Aïd al-Adha, un missile de l’armée d’occupation a touché un immeuble résidentiel du quartier d’Al-Rimal, dans la ville de Gaza. Au moins six personnes ont été tuées et une vingtaine blessées.
L’attaque visait Mohammed Odeh, responsable de la branche armée du Hamas, qui a trouvé la mort avec son épouse et ses deux enfants. Réalisée dans une zone densément peuplée, la frappe a provoqué des scènes de chaos, largement relayées sur les réseaux sociaux, où l’on voit des habitants fouiller les décombres à la recherche de leurs proches.
Le lendemain, premier jour de l’Aïd, une autre frappe contre une habitation du centre de Gaza a coûté la vie à dix Palestiniens, dont cinq enfants, et fait une quinzaine de blessés. Parmi les victimes figurait notamment Ahmad Abu Halima, directeur des affaires étudiantes à l’Université de Gaza. Le 28 mai, une personne a été tuée et cinq autres blessées dans le quartier de Zeitoun, au sud-est de Gaza. Le 29 mai, trois Palestiniens ont péri dans une frappe visant la région d’Al-Mawasi, près de Khan Younès. Le même jour, trois autres personnes ont été tuées dans le quartier d’Al-Tuffah, à l’est de Gaza-ville, tandis qu’une nouvelle attaque dans la rue Al-Wahda a fait un mort et plusieurs blessés.
Une semaine meurtrière
Le 30 mai, deux hommes ont été assassinés, dont le docteur Jamal Abu Aboun, chef du service d’anesthésie de l’hôpital Al-Yafa, touché lors d’une frappe près de l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa à Deir Al-Balah. Le 31 mai, une attaque menée contre le port de pêche de Gaza-ville a fait un mort et plusieurs blessés parmi les civils présents sur les lieux. Le 1er juin, un jeune homme circulant à vélo dans le camp de réfugiés de Bureij a été tué lors d’une frappe aérienne.
Enfin, le 2 juin, Ahmad Khaled Abu Maghseib, 32 ans, a été tué dans une attaque de drone visant un véhicule près de l’école Mazra’a à Deir Al-Balah. Quatre autres personnes ont été blessées. Le même jour, une autre frappe contre une tente de déplacés dans le camp d’Al-Mawasi a fait au moins une victime supplémentaire et plusieurs blessés.
Alors que les efforts diplomatiques se poursuivent, la situation humanitaire et sécuritaire dans la bande de Gaza continue de se détériorer, avec un bilan humain qui s’alourdit presque quotidiennement. Dans l’indifférence habituelle de la communauté internationale.








