Avant même de plancher sur les sujets du baccalauréat ( 4-6 juin 2026), les candidats ont eu droit cette année à une immersion grandeur nature dans un univers mêlant science-fiction, surveillance technologique et marathon intellectuel. Pour lutter contre la fraude ( près de 5000 cas débusqués ), les centres d’examen ont vu débarquer le T3 Shield, un dispositif développé par la startup marocaine SensThings capable de détecter téléphones portables, écouteurs Bluetooth, montres connectées et autres gadgets électroniques grâce aux signaux radio qu’ils émettent. Jusque-là, rien de bien extraordinaire. Sauf que l’engin, porté sur le dos des surveillants, évoque davantage un atomiseur agricole destiné à pulvériser des pesticides dans les champs qu’un outil pédagogique destiné à garantir l’égalité des chances devant les examens. Nombre d’élèves ont ainsi eu l’impression désagréable de passer l’examen sous l’œil vigilant d’une brigade anti-parasites numériques sillonnant les rangées à la recherche du moindre signal suspect.
On était en droit d’attendre une atmosphère plus sereine et plus propice à la concentration pour un examen aussi déterminant que le baccalauréat. Mais au fond, la grande polémique n’est pas venue que de cette technologie futuriste. Car pendant que les surveillants traquaient les ondes Bluetooth, les candidats, eux, se débattaient avec un adversaire autrement plus redoutable : la longueur et la difficulté de certaines épreuves. Entre un examen de physique s’étalant sur dix pages et une épreuve de SVT atteignant douze pages, nombreux sont ceux qui ont eu le sentiment de participer davantage à une compétition d’endurance qu’à une évaluation de leurs connaissances. À entendre certains élèves et parents, la véritable épreuve n’était donc pas de résister à la tentation de tricher, mais de parvenir au bout du sujet avant la sonnerie finale. Comme si les candidats devaient simultanément maîtriser les lois de la physique, les mécanismes du vivant et les performances d’un coureur de fond.
Cette édition du baccalauréat aura ainsi offert un curieux paradoxe : jamais la technologie de surveillance n’aura été aussi sophistiquée, tandis que les sujets semblaient parfois conçus pour tester moins les acquis scolaires que la résistance physique et psychologique des candidats. À ce rythme, les prochaines sessions pourraient prévoir un détecteur de fraude dans une main, une gourde énergétique dans l’autre et, pourquoi pas, un certificat médical attestant que le candidat possède les qualités requises pour achever un véritable marathon académique sans dégâts !








