Trump-Netanyahou : Quand le pyromane reproche à son complice de jouer avec le feu ! 

Rien ne va plus entre Trump et Netanyahou…

Alors que les bombardements israéliens au Liban alimentent les craintes d’un embrasement régional, les relations entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou connaissent un regain de tension. En toile de fond : les calculs stratégiques divergents des deux alliés face aux enjeux sécuritaires et diplomatiques du Moyen-Orient.

Ahmed Zoubaïr

Longtemps, Donald Trump et Benjamin Netanyahou ont donné l’image d’un tandem politique soudé par une même vision du Moyen-Orient : démonstration de force, pression maximale sur l’Iran et soutien sans états d’âme aux massacres des civils palestiniens par les sionistes. Mais voilà que les deux hommes se découvrent aujourd’hui des divergences. Non sur le principe de la guerre, mais sur son dosage.

Selon plusieurs médias américains, les relations entre le président américain et le Premier ministre sioniste se sont fortement tendues après les bombardements israéliens au Liban et les risques d’embrasement régional qui en ont découlé. Donald Trump aurait reproché à Benyamin Netanyahou de compromettre les efforts diplomatiques américains et de faire dérailler les négociations en cours avec l’Iran. Le spectacle a quelque chose de surréaliste. Après avoir passé des années à encourager la politique du rapport de force, Washington découvre soudain les vertus de la retenue. Comme si l’apprenti sorcier s’inquiétait brusquement de voir son laboratoire prendre feu. D’un côté, Donald Trump cherche désormais à vendre à son opinion publique l’image d’un homme capable de conclure des accords et d’éviter une guerre régionale incontrôlable. De l’autre, Benyamin Netanyahou, affaibli sur le plan intérieur et confronté à une contestation croissante, semble tenté par une fuite en avant militaire destinée à préserver sa survie politique.

Les échanges entre les deux dirigeants auraient été particulièrement tendus. Trump aurait même accusé son allié israélien d’agir de manière irresponsable en multipliant les frappes susceptibles d’entraîner une réaction en chaîne impliquant l’Iran, le Hezbollah et l’ensemble de la région. La scène rappelle ces vieux couples politiques qui, après avoir passé des années à se conforter mutuellement dans leurs excès, découvrent soudain qu’ils ne partagent plus la même définition du mot « prudence ». L’un veut ralentir parce qu’il approche d’un précipice ; l’autre accélère parce qu’il craint de perdre le volant. Au fond, la querelle actuelle ne porte pas tant sur la paix que sur le calendrier de la guerre. Trump veut contrôler l’escalade afin de préserver ses intérêts diplomatiques et électoraux.

Netanyahou veut conserver sa liberté d’action militaire face au Hezbollah et à l’Iran. Entre les deux hommes, la confiance semble s’être évaporée au rythme des bombardements et des coups de téléphone musclés. Cette brouille révèle surtout une réalité rarement avouée : les intérêts de Washington et de Tel-Aviv ne se confondent pas toujours. Lorsque les bombes tombent, chacun découvre rapidement que l’allié idéal est souvent celui qui assume seul les conséquences. Pendant ce temps, les populations civiles du Liban continuent de payer le prix d’une partie d’échecs géopolitique où les stratèges déplacent leurs pions à distance, tandis que les habitants vivent sous les décombres. Une fois encore, les divergences entre les puissants se mesurent moins dans les déclarations officielles que dans les dégâts causés sur le terrain. Et si la crise actuelle devait laisser une image, ce serait peut-être celle-ci: deux chefs d’orchestre se disputant la partition alors que la salle est déjà en feu.

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