Au lendemain de sa nomination à la tête du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri a ouvert ce mercredi 30 septembre le bal des consultations avec les partis politiques. RNI, Istiqlal, MP et USFP ont été reçus successivement au siège du PAM à Rabat. Si le dialogue est désormais engagé, la future majorité reste encore à construire. La machine à former le gouvernement est lancée. Moins de vingt-quatre heures après sa nomination par le Roi Mohammed VI, Fatima Ezzahra El Mansouri est entrée dans le vif du sujet en recevant les principales formations issues des législatives du 23 septembre., à l’exception du PJD dont les instances ont rejeté le week end dernier toute participation dans le futur gouvernement. Les premiers rendez-vous suivent le classement du scrutin, avec le RNI, deuxième force parlementaire, puis l’Istiqlal, troisième, avant les formations susceptibles de compléter une majorité. Premier reçu, le RNI a envoyé son président Mohamed Chouki, accompagné notamment de Rachid Talbi Alami et Mohamed Boussaid.
À l’issue de la rencontre, Chouki a déclaré que son parti était disposé à soutenir la cheffe du gouvernement dans sa mission et avait exprimé sa volonté de « l’aider dans sa tâche ». En revanche, il n’a pas précisé si cette disponibilité signifiait une participation au prochain gouvernement. Le message est donc clair dans sa prudence : la porte n’est pas fermée, mais le contrat n’est pas signé. Le RNI dispose de 66 sièges, soit la deuxième force de la Chambre derrière le PAM. Nizar Baraka a ensuite conduit la délégation de l’Istiqlal. Le secrétaire général du parti de la Balance a salué le caractère historique de la nomination d’une femme à la tête du gouvernement et insisté sur la nécessité de restaurer la confiance des citoyens dans l’action politique.
Échanges
Sur la participation de son parti au futur Exécutif, toutefois, pas de réponse définitive. Baraka a annoncé que le Conseil national de l’Istiqlal devra se prononcer après examen des résultats électoraux et de la nouvelle donne politique. Le parti entend néanmoins accompagner la nouvelle étape et met en avant plusieurs priorités : emploi, chômage, pouvoir d’achat et élargissement de la classe moyenne. Avec 65 députés, l’Istiqlal constitue, comme le RNI, une pièce maîtresse de l’équation parlementaire. Dans l’après-midi, ce fut au tour du Mouvement populaire d’être reçu par El Mansouri. La délégation était conduite par Mohamed Ouzzine, accompagné notamment de Mohand Laenser et Hicham Rahil. Le MP, qui compte 29 députés, avait déjà indiqué qu’il n’excluait pas une ouverture à la future majorité.
À l’issue de la rencontre, le parti a appelé à une « rupture positive », formule qui traduit sa volonté de peser sur le contenu de la prochaine étape gouvernementale plutôt que de se contenter d’un rôle d’appoint parlementaire. (T.co) Dernier rendez-vous de la journée parmi les quatre formations citées : l’Union socialiste des forces populaires. Driss Lachgar a été reçu par la cheffe du gouvernement désignée. Les échanges sont restés largement confidentiels, le premier secrétaire de l’USFP indiquant que les discussions entre les deux formations demeuraient, à ce stade, couvertes par la discrétion. (Hespress Français – Actualités du Maroc) L’USFP dispose de 26 sièges selon les résultats définitifs publiés après le scrutin. (Lebrief) Le parti peut donc constituer un appoint significatif dans une configuration qui associerait le PAM et l’Istiqlal, sans que cela signifie pour autant qu’un tel scénario soit arrêté. Les pourparlers devraient se poursuivre avec les dirigeants de l’UC-MP et ceux du PPS.








