1936 est terrible pour le patronat : ils doivent augmenter de 15% les salaires et réduire le temps de travail de 15% ! Ce qui fait augmenter, du jour au lendemain, les charges des entreprises. Pour les patrons, c’est inadmissible ! Ils vont se réorganiser dès le retour des ouvriers, tous bronzés, de leurs premiers congés d’été payés. Les patrons tentent de renverser le rapport de force en bloquant les négociations lors du renouvellement des conventions collectives qui n’avaient été signées que pour un an. Un raidissement qui va entraîner de nombreuses grèves dans le pays tout au long de l’année 1937.
La tension sociale est de retour dans la rue. Une tension d’autant plus forte que depuis leur défaite cinglante, les adversaires du Front populaire, à droite et à l’extrême droite, n’ont désormais qu’un seul objectif, faire chuter le gouvernement de Léon Blum par tous les moyens. Cette offensive des droites va prendre plusieurs chemins :
(1) l’Action Française va multiplier presque chaque jour ses attaques antisémites.
(2) La Cagoule, un groupe terroriste d’extrême droite, qui rêve d’un coup d’état militaire, va organiser des attentats à la bombe pour déstabiliser le gouvernement.
(3) L’alliance inédite entre une partie de la droite parlementaire et l’extrême droite.
(4) La Fédération républicaine rejoint le Front de la Liberté et le Parti Populiste et Fasciste. Mais ces droites ne parviendront pas à unir leurs forces contre le gouvernement de Léon Blum. Car un acteur essentiel est en train de bousculer le jeu politique : le colonel François De Laroque, qui refuse de rejoindre ce Front de la Liberté, préférant lancer à lui seul une véritable OPA sur toute la droite française. Le colonel François De Laroque a créé un grand parti politique, le PSF, Parti Social Français. Ce PSF devient un parti de masse. 600 000 adhérents quasiment tout de suite. Et puis, il monte en 1939 à 1,2 millions d’adhérents. Pour le colonel François De Laroque, ce qui compte, c’est de mettre ses militants catholiques au service de la réconciliation des classes en attirant les pauvres avec des soupes populaires, des cours du soir, de l’aide aux devoirs, des assistantes sociales qui vont dans les quartiers et des colonies de vacances. Le colonel François De Laroque a créé le PSF qui est une contre-société de type catholique et nationaliste qui veut tranquillement conquérir le pouvoir. Ce PSF effraie bien sûr tous les autres partis de gauche et de droite. Contesté par le patronat et attaqué par les droites, Le Front Populaire est au bord de la rupture. Son effondrement va se dérouler en trois temps :
(1) dégradation de la situation financière,
(2) démission de Léon Blum un an à peine après son investiture,
(3) le nouveau gouvernement radical d’Edouard Daladier soutenu par la droite va s’attaquer aux acquis sociaux du Front Populaire et notamment ces 40 heures détestées par le patronat qu’il faudrait impérativement supprimer pour remettre les Français au travail.
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