Fatima Ezzahra El Mansouri a consacré une réunion gouvernementale, ce mardi 3 novembre à Rabat, à une question qui s’impose désormais comme l’une des principales préoccupations des ménages : l’érosion continue du pouvoir d’achat. À l’ordre du jour, l’évolution de la conjoncture économique nationale, les fluctuations des prix et leurs répercussions sur le quotidien des citoyens. À l’issue de cette rencontre, l’Exécutif a annoncé la création d’une commission interministérielle chargée de suivre les variations des prix et de proposer les mesures nécessaires à la protection des consommateurs. Cette instance réunira les différents départements concernés et tiendra des réunions périodiques. Elle aura notamment pour mission de veiller à la stabilité des prix et à la régularité de l’approvisionnement du marché, avec une attention particulière portée aux produits de grande consommation à l’approche du mois de Ramadan.
La cheffe du gouvernement a réaffirmé que la protection du pouvoir d’achat et la préservation de la cohésion sociale constituaient des priorités de son action. L’Exécutif dit être pleinement conscient des pressions qui pèsent sur les ménages, particulièrement les catégories populaires et les classes moyennes, premières victimes de la hausse du coût de la vie. L’intention est louable. Mais entre la prise de conscience, les réunions interministérielles et les résultats perceptibles dans le portefeuille des citoyens, il existe parfois un fossé que les communiqués officiels ne suffisent pas à combler. Car les Marocains n’ont pas seulement besoin d’une instance supplémentaire chargée de surveiller les étiquettes et de commenter les courbes. Ils attendent des décisions qui se traduisent concrètement par un allègement de leurs dépenses quotidiennes.
Une commission interministérielle peut certes contribuer à mieux coordonner l’action publique, identifier les dysfonctionnements et anticiper les tensions sur les marchés. Mais elle ne constitue pas, à elle seule, une réponse à la cherté de la vie. Il faut davantage qu’une commission pour faire baisser les prix : il faut une véritable stratégie d’intervention, des mesures courageuses et une volonté politique de s’attaquer aux causes structurelles de l’inflation.
L’urgence est d’autant plus grande que l’érosion du pouvoir d’achat ne date pas d’hier. Elle résulte de l’accumulation des hausses qui touchent aussi bien l’alimentation que le transport, l’énergie, le logement et les services. Les augmentations successives finissent par grignoter les revenus, tandis que les salaires et les pensions ne suivent pas nécessairement le même rythme. Pour de nombreux ménages, le budget mensuel est devenu un exercice permanent d’arbitrage entre les dépenses incompressibles jusqu’à la réduction des quantités achetées ou au renoncement à des besoins pourtant essentiels
Le problème ne se limite d’ailleurs pas à la surveillance des prix pendant les périodes de forte consommation, notamment à l’approche du Ramadan. Ce qu’il faudra entreprendre c’est une action permanente sur les circuits de distribution, les intermédiaires voraces , les pratiques spéculatives, les situations de rente et les éventuelles ententes anticoncurrentielles. La transparence dans la formation des prix, le renforcement des contrôles et l’application effective des règles de concurrence doivent devenir des priorités opérationnelles.








