Promesses électorales : A qui mieux mieux ! 

La campagne électorale  démarre jeudi 10 septembre, après plusieurs semaines de précampagne où les formations politiques ont multiplié déplacements, meetings et annonces spectaculaires. Tout au long de la pré campagne électorale qui sa pris fin le 9 septembre pour céder la place  à la campagne électorale qui se poursuit jusqu’au 22, les partis ont rivalisé de propositions sur le SMIG, l’emploi et le pouvoir d’achat.

Saliha Toumi

À Dakhla, le 5 septembre, lors d’un grand meeting du Parti authenticité et modernité (PAM), Fouzi Lekjaa a donné le ton en annonçant l’accord de principe de son parti pour porter le salaire minimum à 5.000 dirhams. Une proposition qui place le PAM sur le même terrain que le Rassemblement national des indépendants (RNI), lequel prévoit également un SMIG à 5.000 dirhams, mais à l’horizon 2031.

Le responsable du PAM a toutefois accompagné cette annonce d’une mise en garde sur le réalisme financier des promesses électorales. Pour le parti, l’enjeu n’est pas seulement d’annoncer des montants, mais de préciser les moyens permettant de les financer et de les inscrire dans une trajectoire budgétaire soutenable.

Le PAM avance ainsi une enveloppe globale estimée à 350 milliards de dirhams, tout en mettant l’accent sur une autre dimension de son projet : la lutte contre les conflits d’intérêts et les privilèges. Fouzi Lekjaa a notamment défendu la nécessité de rompre avec une « culture de distribution des gâchis » et de réorienter l’action publique vers davantage d’équité.

Dans le camp du RNI, la priorité affichée est également celle du pouvoir d’achat, mais avec un accent particulier sur l’emploi. Le parti promet un million d’emplois et fixe l’objectif d’un SMIG à 5.000 dirhams d’ici 2031. Son programme comporte également des mesures ciblées sur les ménages, notamment un crédit d’impôt pour les dépenses d’éducation pouvant atteindre 5.000 dirhams par enfant et par an, ainsi qu’une allocation chômage destinée aux travailleurs saisonniers. La bataille se joue donc autant sur le montant du salaire que sur les mécanismes permettant de soutenir le revenu disponible des familles. L’Istiqlal fait, lui aussi, du pouvoir d’achat une priorité absolue. Son discours s’articule autour de l’ambition d’un « Maroc à une seule vitesse », avec la volonté affichée de réduire les disparités et de renforcer l’équité territoriale et sociale.

Tout un programme !

Le parti met parallèlement l’accent sur la lutte contre la corruption et entend renforcer la qualité de la gestion publique en favorisant notamment l’intégration de profils académiques dans les institutions et l’administration. Le Mouvement populaire choisit une approche plus ciblée. Sa proposition phare consiste à accorder aux diplômés chômeurs une indemnité mensuelle de 1.000 dirhams pendant un an. Le parti propose également la suppression de l’indice social pour certains ménages vulnérables et souhaite étendre aux retraités le bénéfice des hausses salariales. 

À gauche, le Parti du progrès et du socialisme défend une hausse de 15 % du salaire minimum, tandis que l’Alliance de la gauche inscrit elle aussi la création d’emplois parmi ses priorités, avec l’objectif affiché d’un million de postes.

Derrière ces propositions, une même réalité politique s’impose : les partis ont compris que la campagne ne pourra pas se gagner uniquement à coups de grands projets ou de promesses institutionnelles. Le bulletin de vote se joue aussi sur la fiche de paie, le coût de la vie et les perspectives d’emploi. Avec le SMIG à 5.000 dirhams désormais revendiqué, sous des calendriers et des modalités différents, par plusieurs formations, la campagne ouvre une nouvelle compétition : celle de la promesse sociale.

Reste la question décisive, et sans doute qui fâche  : combien ces engagements coûteront-ils réellement à l’État, aux entreprises et aux contribuables ? Le pouvoir d’achat s’impose donc comme le grand dénominateur commun des programmes. Tous promettent davantage de revenus, d’emplois ou de protection; la différence se jouera désormais sur les chiffres, les calendriers et les moyens de financement. Tout un programme !

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