Trump au bout du fil : Allo, Gianni? 

Au football, on croyait que le carton rouge était synonyme de vestiaire, de regrets et de suspension. Manifestement, il existe désormais une autre procédure : un coup de fil de la Maison Blanche.

L’attaquant américain Folarin Balogun a reçu un cadeau d’anniversaire que peu de joueurs peuvent espérer. Expulsé lors du match contre la Bosnie-Herzégovine et automatiquement suspendu pour le match suivant, le joueur  de 25 ans devrait être  résigné à regarder ses coéquipiers depuis les tribunes. Mais voilà que, deux jours après avoir soufflé ses bougies, la FIFA lui offre un présent inespéré : une suspension… suspendue.

Lundi 6 juillet, il pourra finalement fouler la pelouse de Seattle contre la Belgique, comme si son carton rouge n’avait été qu’un regrettable malentendu. Une décision si rare qu’il faut remonter à 1962 et au mythique Garrincha pour retrouver un précédent comparable. Autant dire une éternité à l’échelle du football moderne.

Le plus savoureux reste toutefois les coulisses de cette spectaculaire volte-face. Selon plusieurs médias américains, dont le New York Times, Donald Trump aurait décroché son téléphone pour appeler directement le président de la FIFA Gianni Infantino et plaider la cause de l’attaquant américain . À croire que la VAR possède désormais une extension… dans le Bureau ovale.

Pendant ce temps, du côté belge, la surprise le dispute à l’incompréhension. La fédération des Diables rouges découvre qu’au Mondial 2026, les décisions disciplinaires semblent parfois bénéficier d’une option «réexamen VIP ». Un carton rouge n’est plus forcément définitif ; tout dépend peut-être de celui qui compose le numéro.

Pour justifier cette acrobatie réglementaire, la FIFA dégaine l’article 27 de son code disciplinaire, qui autorise, dans certaines circonstances, à transformer une suspension automatique en une sanction assortie d’une période probatoire d’un an. Une disposition jusqu’ici discrète, sortie des tiroirs avec une célérité qui ne manquera pas d’alimenter les débats sur l’égalité de traitement entre les sélections.

Cette affaire troublante laisse surtout une impression tenace : certains joueurs contestent les décisions de l’arbitre, d’autres semblent pouvoir faire appel… à la puissance présidentielle. Dans cette Coupe du monde décidément riche en rebondissements, il faudra peut-être bientôt ajouter un nouveau poste sur la feuille de match : conseiller politique.

Le football reste un sport où tous les joueurs sont égaux devant le règlement. Visiblement, certains le sont simplement un peu plus que les autres.

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