Élections législatives : Le RNI relance la machine à promesses 

En prévision des élections législatives de septembre , le RNI ressort l’arme qui lui réussit le mieux : les promesses. Emploi, prêts sans intérêts, nouvelles allocations, justice territoriale… Un programme ambitieux qui soulève une question toute simple : pourquoi annoncer aujourd’hui ce que cinq années au pouvoir n’ont pas permis de réaliser ?

Ahmed Zoubaïr

À quelques semaines des élections législatives du 23 septembre, le Rassemblement national des indépendants (RNI) semble avoir retrouvé l’un de ses exercices favoris : la distribution de promesses. Après cinq années passées aux commandes du gouvernement, le parti s’emploie aujourd’hui à déployer un nouveau catalogue d’engagements qui donne parfois l’impression de découvrir un programme d’opposition plutôt que le bilan d’une majorité sortante. Réuni récemment à Casablanca pour présenter son « Programme des Indépendants », le RNI promet une nouvelle fois de faire de l’emploi la priorité nationale. Le chômage serait ramené à 9 % d’ici 2030, grâce à une croissance économique de 5 %, une hausse de l’investissement à 33 % du PIB et une politique active de l’emploi. Sur le papier, l’équation paraît séduisante. Dans la réalité, elle ressemble davantage à un exercice d’optimisme qu’à une démonstration économique. Le plus étonnant reste sans doute le calendrier.

Pourquoi attendre l’approche des élections pour annoncer des mesures que le parti, fort d’une majorité confortable au Parlement et à la tête du gouvernement depuis 2021, aurait pu engager bien plus tôt? La question ne manque pas d’alimenter les critiques d’une opposition qui dénonce un « programme bis » destiné avant tout à séduire un électorat éprouvé par la hausse inquiétante du chômage et l’érosion du pouvoir d’achat au-delà du supportable. La nouvelle « allocation de retour à l’emploi », prolongée de six à douze mois, les contrats à durée indéterminée pour certains travailleurs saisonniers, ou encore la création d’un fonds de prêts productifs sans intérêts pour les jeunes entrepreneurs composent un véritable inventaire à la Prévert. Chaque catégorie sociale semble repartir avec son lot de promesses: les jeunes auront leurs crédits, les salariés leurs allocations, les saisonniers leurs garanties et les territoires leur justice économique. À écouter les responsables du parti, tout semble désormais possible. Il suffirait d’un nouveau mandat pour résoudre ce que cinq années de gouvernance n’ont pas permis de régler. Une rhétorique qui prête à sourire : le RNI promet aujourd’hui de réparer demain ce qu’il n’a pas réussi à corriger hier.

Le paradoxe est d’autant plus frappant que le parti revendique simultanément un bilan « historique ». Plus de 850 000 emplois auraient été créés, les équilibres macroéconomiques préservés et les grands chantiers sociaux lancés. Si le diagnostic est aussi positif, pourquoi un nouveau plan d’urgence pour l’emploi ? Et si, au contraire, la situation exige de nouvelles mesures d’une telle ampleur, n’est-ce pas l’aveu que les politiques menées jusqu’ici n’ont pas produit les résultats espérés ? Le RNI joue ainsi sur deux tableaux : défendre son bilan tout en promettant un nouveau départ. Une gymnastique politique classique, mais délicate. Car les électeurs ne jugeront plus seulement les intentions ; ils compareront les promesses de 2026 avec celles de 2021 ( lire encadré) lorsque le parti s’était déjà engagé à créer un million d’emplois, à renforcer l’État social et à améliorer sensiblement le pouvoir d’achat. Reste enfin la question du financement. Fonds de prêts sans intérêts garantis par l’État, allocations élargies, nouvelles politiques de l’emploi, accompagnement régional… Ces annonces représentent potentiellement plusieurs milliards de dirhams.

Or, le parti reste discret sur leur coût global, les sources de financement ou les arbitrages budgétaires nécessaires. Dans un contexte marqué par une forte pression sur les finances publiques, ces précisions seront déterminantes pour mesurer la crédibilité du programme. En politique, les campagnes électorales ressemblent souvent à une saison de soldes: les promesses fleurissent, les chiffres deviennent généreux et les lendemains paraissent toujours meilleurs. Le fameux demain, on rase gratis! Le RNI n’échappe pas à cette règle. Reste à savoir si les électeurs verront dans ce nouveau catalogue un projet crédible pour les cinq prochaines années… ou simplement une nouvelle édition des promesses de la précédente campagne, remise au goût du jour.

Car en matière électorale, une maxime semble toujours d’actualité: les programmes changent de couverture, mais les promesses, elles, finissent souvent par se recycler. Aux dernières nouvelles, la persistance de la  contestation au sein du RNI dans la région du Souss, alimentée par des considérations à la fois culturelles et socio-économiques, aurait finalement conduit le parti à renoncer à présenter la secrétaire d’État dans la circonscription d’Inezgane. Face à cette fronde locale, Aziz Akhannouch chercherait désormais à lui trouver un point de chute à Casablanca. Après le vent contraire du Souss, le RNI espère sans doute trouver dans la capitale économique une piste d’atterrissage plus dégagée.


En 2021, le RNI avait bâti sa campagne sur un ambitieux « contrat de confiance » avec les Marocains. Cinq ans plus tard, alors que le parti s’apprête à dévoiler une nouvelle salve de promesses en vue des législatives de septembre 2026, nombre de ses engagements emblématiques demeurent inachevés, partiellement réalisés, ou ont tout simplement disparu des radars.

Les principales promesses de 2021 :

* Créer un million d’emplois au cours du mandat.

* Accorder une allocation de 1.000 DH par mois aux personnes âgées de plus de 65 ans sans pension.

* Mettre en place le médecin de famille et garantir un véritable parcours de soins.

* Déployer la carte « Sihati », censée simplifier et numériser l’accès aux soins.

* Généraliser le tiers payant pour les consultations, les médicaments et les hospitalisations.

* Revaloriser les enseignants, avec un salaire d’entrée de 7.500 DH nets.

* Généraliser les allocations familiales, les cantines, le transport scolaire et le préscolaire.

* Créer un « Pass Jeunes » favorisant la mobilité, la culture et l’emploi.

* Moderniser l’administration grâce à une digitalisation accélérée des services publics.

Le constat cinq ans après :

Si plusieurs grands chantiers sociaux ont été engagés sous l’impulsion royale, notamment la généralisation de la protection sociale, nombre de promesses spécifiquement portées par le RNI restent encore loin des objectifs annoncés. Le million d’emplois demeure un horizon difficilement atteignable, la carte « Sihati » n’a jamais véritablement trouvé sa place dans le quotidien des citoyens, le médecin de famille tarde à devenir une réalité, tandis que l’allocation universelle de 1.000 DH pour les seniors sans retraite n’a jamais été généralisée comme promise.

Autant d’engagements qui reviennent aujourd’hui hanter une nouvelle campagne électorale où le RNI demande aux électeurs… de lui accorder une nouvelle fois le bénéfice… de la promesse.



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« La plateforme de démonstration sur laquelle j’ai travaillé avec l’équipe Al Moutmir, en culture de blé tendre avec 4 différentes formules d’engrais spécifiques plus un témoin, la plateforme a donné de très bons résultats grâce à l’itinéraire technique raisonné que nous avons suivi tout au long de la saison. Nous avons obtenu un rendement de 70,5 quintaux à l’hectare contre 60 quintaux à l’hectare sur la parcelle témoin. Merci au programme Al Moutmir. »

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« Cette campagne a été très satisfaisante grâce aux bonnes conditions climatiques et à l’accompagnement de l’équipe Al Moutmir. Les analyses de sol et les conseils techniques m’ont aidé à mieux gérer la fertilisation et les interventions sur ma parcelle de lentilles. J’ai obtenu un rendement de 14 qx/ha, supérieur à mes résultats habituels. Je suis pleinement satisfait de cette expérience et je compte continuer à appliquer ces recommandations lors des prochaines campagnes. »

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« Je pratique le semis direct depuis plusieurs années et j’ai accueilli avec intérêt une plateforme de démonstration de blé tendre dans le cadre du programme Al Moutmir. Les analyses de sol et l’accompagnement technique m’ont permis d’adopter une fertilisation mieux adaptée aux besoins de ma parcelle, avec des résultats très satisfaisants. J’utilise également l’application @tmar pour suivre l’état de la culture et recevoir des conseils adaptés. Cette expérience m’a conforté dans le choix du semis direct, une pratique qui contribue à améliorer la productivité tout en préservant les ressources. »

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