Le feuilleton des habitations du littoral de Bouznika connaît une nouvelle inflexion. La procédure d’expulsion et de démolition engagée contre les constructions visées a été gelée, dans l’attente d’une décision arbitrale rendue par le gouvernement.
Entre la mi-juillet et la mi-août, plusieurs centaines de résidences – environ 300 d’après les derniers décomptes – avaient reçu des sommations de libérer les lieux avant le 15 septembre. Les autorités avaient enclenché cette démarche dans le cadre de la récupération du domaine public maritime, en s’appuyant sur la réglementation en vigueur.
Ce sursis est le fruit des concertations menées entre l’Association Bouznika Plage et le ministère de l’Équipement et de l’Eau. Selon l’association, les injonctions sont désormais considérées comme caduques, le temps que le dossier soit instruit au niveau central et départagé par le chef du gouvernement. Au cœur du litige se trouve une problématique foncière épineuse. Les résidents contestent fermement l’accusation d’empiétement sur le domaine public maritime. L’Association Bouznika Plage s’appuie sur une expertise qui situerait les parcelles concernées dans le domaine privé de l’État, et non dans la zone côtière publique. Ce désaccord fondamental sur la qualification juridique des terrains impose, de fait, un éclaircissement préalable avant toute action irrévocable.
Cette interruption du processus ne signifie pas pour autant un abandon du projet. Elle ouvre plutôt une phase d’examen approfondi, où devront être conciliés le respect de la légalité, la préservation du trait de côte et la situation particulière d’habitations parfois édifiées depuis plusieurs décennies. Ce dossier brûlant, qui avait alimenté de nombreuses spéculations quant à la reconfiguration de la corniche et aux éventuels aménagements des espaces récupérés, reste donc en suspens. Pour l’heure, les pelleteuses sont à l’arrêt en attendant l’arbitrage gouvernemental…








