Le Royaume-Uni a décidé de durcir le ton contre la colonisation israélienne en Cisjordanie.
Laila Lamrani
Après avoir déjà imposé des sanctions individuelles à des colons accusés de violences contre des Palestiniens, Londres élargit désormais la pression à l’environnement économique qui accompagne la colonisation.
Gel d’avoirs, interdictions de voyager, sanctions contre des organisations et réseaux accusés de soutenir les violences : le message britannique se veut clair. La colonisation n’est pas une activité économique comme une autre et la violence des colons ne saurait rester sans conséquences.
Cette offensive intervient alors que l’expansion des colonies se poursuit en Cisjordanie occupée et que le gouvernement israélien est accusé par plusieurs partenaires occidentaux de compromettre davantage la perspective d’une solution à deux États.
La portée commerciale de certaines mesures peut paraître limitée. Leur portée politique l’est beaucoup moins. Londres cherche à faire comprendre que les colonies ne peuvent bénéficier indéfiniment d’un environnement international où les condamnations restent essentiellement déclaratives.
Le Royaume-Uni prend soin de distinguer son opposition à la colonisation de ses relations avec Israël en tant qu’État. Mais cette distinction n’empêche pas Londres de viser directement ceux qui contribuent à l’implantation et à l’expansion des colonies ou aux violences commises contre les Palestiniens.C’est le passage du sermon diplomatique au portefeuille.
Le gouvernement sioniste a vivement réagi, annonçant notamment la fermeture du consulat britannique à Jérusalem-Est et des restrictions visant plusieurs responsables britanniques. Cette mesure de rétorsion intervient dans un contexte de relations de plus en plus tendues entre le gouvernement criminel de Benjamin Netanyahu et plusieurs capitales occidentales sur la colonisation, la guerre génocidaire à Gaza et l’avenir politique des territoires palestiniens.
Pour Londres, l’enjeu dépasse donc la sanction de quelques individus. Il s’agit de rappeler une ligne rouge : on ne peut pas défendre officiellement une solution à deux États tout en laissant s’étendre, sur le terrain, une politique qui en grignote progressivement le territoire. La question est désormais de savoir jusqu’où le Royaume-Uni est prêt à aller. Car sanctionner quelques colons est une chose ; s’attaquer réellement aux mécanismes politiques, financiers et économiques qui permettent à la colonisation de prospérer en est une autre.








