Une réunion tenue dans la plus grande discrétion s’est déroulée le mercredi 3 juin au siège du ministère de l’Agriculture à Rabat autour de quelques « gros bonnets » bénis du secteur des importations du bétail. Il s’agit des fameux “ frakchia” proches de certains partis au pouvoir, objet d’une vaste controverse dans le pays, pour avoir touché des subventions substantielles sous forme d’exonérations et fiscales et de compensations financières au titre de leurs activités d’import sans que les prix des viandes rouges n’aient connue de baisse significative à ce jour.
Selon une source bien informée, les participants à cette assemblée d’initiés, qui intervient au lendemain d’une fête de sacrifice qui dégage des relents de scandale sur tous les plans, auraient été convoqués individuellement par téléphone, loin de toute communication officielle ou démarche transparente.
D’après les informations recueillies par nos soins , cette rencontre confidentielle aurait pour principal objectif de anticiper les prochaines opérations d’importation et de coordonner certaines décisions stratégiques. Pour mieux se farcir les finances publiques et les consommateurs marocains?
Cependant, ce qui interpelle davantage est l’absence remarquée des véritables professionnels et opérateurs du secteur, pourtant directement concernés par les questions de l’élevage.
Cette mise à l’écart alimente les interrogations sur la nature réelle de cette réunion et renforce les soupçons d’une concertation entre un cercle restreint d’acteurs cherchant à orienter le marché selon leurs propres intérêts. L’exclusion des représentants légitimes de la profession ne peut que nourrir et accentuer les craintes d’un fonctionnement opaque, voire de pratiques assimilables à celles d’un cartel.
Dans un contexte où la transparence et la concurrence loyale devraient constituer les principes directeurs de toute décision touchant au marché national des viandes en proie à des prix anormalement élevés attentatoires au pouvoir d’achat des Marocains , ces conciliabules risquent de susciter davantage de questions que de réponses. Les professionnels comme les consommateurs sont en droit de savoir qui décide, au nom de qui et dans quel intérêt. Ça va saigner. Affaire à suivre…








