Entreprendre malgré tout : Le Maroc frôle les 17000 créations d’entreprises 

Abdelaziz Babqiqi, directeur général de l’OMPIC.

Le dynamisme entrepreneurial ne faiblit pas. À fin février 2026, le Maroc a enregistré, selon les derniers chiffres détaillés de l’OMPIC, quelque 16 985 nouvelles immatriculations au registre de commerce, un signal clair de la vitalité du tissu économique, malgré un environnement international incertain et des contraintes locales persistantes.

Dans ce paysage, les personnes morales dominent largement, représentant 75 % des créations, contre 25 % pour les personnes physiques. Un indicateur révélateur d’une structuration progressive de l’acte d’entreprendre, avec une préférence marquée pour des formes juridiques offrant davantage de crédibilité et de perspectives de croissance.

La Société à Responsabilité Limitée à Associé Unique (SARL AU) s’impose, sans surprise, comme le véhicule privilégié des entrepreneurs, concentrant à elle seule 66,4 % des immatriculations parmi les personnes morales. Elle est suivie par la Société à Responsabilité Limitée (SARL), qui représente 32,7 %. Ce choix traduit une recherche d’agilité, de simplicité administrative et de sécurisation du risque.

Sur le plan territorial, la concentration reste marquée. La région de Casablanca-Settat capte à elle seule près de 40 % des créations de sociétés, confirmant son statut de locomotive économique nationale. Elle devance Rabat-Salé-Kénitra (14 %), Marrakech-Safi (12,7 %) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,4 %). À elles quatre, ces régions concentrent plus des trois quarts des nouvelles entreprises, illustrant une géographie économique encore fortement polarisée.

L’analyse sectorielle met en évidence la prééminence du commerce, qui capte 28,4 % des créations. Il est suivi par le BTP et l’immobilier (25 %), les services divers (19 %), les transports (7,8 %) et l’industrie (6,7 %). Une répartition qui reflète à la fois les opportunités immédiates du marché et les limites d’un tissu productif encore peu orienté vers des activités à forte valeur ajoutée.

Du côté des personnes physiques, la dynamique territoriale diffère légèrement. Tanger-Tétouan-Al Hoceima arrive en tête avec 20,7 % des immatriculations, suivie par Casablanca-Settat (13,4 %), Oriental (10,5 %), Rabat-Salé-Kénitra (10,3 %) et Fès-Meknès (10,1 %). Cette cartographie souligne l’importance du commerce de proximité et des initiatives individuelles dans certaines régions.

Enfin, 23 652 noms commerciaux ont été délivrés sur les deux premiers mois de l’année, signe d’un flux soutenu de projets en gestation.

Au total, ces indicateurs confirment une réalité contrastée : un élan entrepreneurial indéniable, mais encore concentré géographiquement et sectoriellement. Le défi reste désormais de transformer cette dynamique quantitative en levier qualitatif, capable de générer davantage de valeur, d’innovation et d’emplois durables.

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