L’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) a dévoilé la cinquième édition de son rapport intitulé « Le marché des capitaux en chiffres », une publication préliminaire à son rapport annuel de 2025. Véritable photographie du secteur, ce document compile les principales données relatives aux levées de fonds, aux performances boursières, à la gestion d’actifs, au profil des investisseurs et à la conservation des titres. Il dresse ainsi un panorama précis de l’évolution de la place financière marocaine à travers des indicateurs parfois inédits, exclusivement produits par l’AMMC.
Les chiffres de cette édition 2025 confirment une année exceptionnelle pour la place financière nationale. Soutenu par des perspectives économiques en amélioration, un reflux des tensions inflationnistes et le lancement de grands projets structurants liés aux échéances de 2030, le marché des capitaux a affiché une progression remarquable sur l’ensemble de ses segments.
La Bourse de Casablanca signe ainsi l’une de ses meilleures performances de la décennie. L’indice MASI s’envole de 27,6 %, tandis que la capitalisation boursière franchit pour la première fois le seuil symbolique des 1 000 milliards de dirhams, atteignant 1 040,7 milliards. Les échanges globaux bondissent de 63 %, à plus de 161 milliards de dirhams, traduisant un regain de liquidité et un appétit renouvelé des investisseurs.
L’année est aussi marquée par le retour des introductions en Bourse. Trois sociétés – Vicenne, Cash Plus et SGTM – ont fait leur entrée en cote, mobilisant plus de 6 milliards de dirhams. Ces opérations suscitent un engouement rare, attirant près de 290 000 souscripteurs et confirmant le réveil de l’intérêt pour le marché actions.
Côté financement, les levées de capitaux progressent de plus de 30 %, pour frôler les 144 milliards de dirhams. La dette privée, tirée par les émissions obligataires et les titres de créance négociables, reste le principal moteur. À elle seule, la sphère financière concentre plus de la moitié des montants levés sur l’année.
Par ailleurs, l’industrie de la gestion collective poursuit son expansion. L’encours global des organismes de placement collectif atteint 956,3 milliards de dirhams (+22,1 %). Les OPCVM dominent toujours avec 785 milliards, tandis que les OPCI et les fonds de titrisation enregistrent des croissances soutenues. Les fonds actions figurent parmi les grandes gagnantes, affichant une hausse de plus de 44 %.
Autre indicateur de la montée en maturité du marché : le volume des opérations de prêt-emprunt de titres atteint 436 milliards de dirhams, en hausse de 25 % sur un an, porté essentiellement par les OPCVM et les banques.
Du côté des investisseurs, le nombre de comptes-titres franchit le cap des 401 000, et la clientèle active des sociétés de bourse bondit de plus de 142 %, grâce notamment à l’arrivée massive de nouveaux investisseurs particuliers marocains. Les investisseurs étrangers conservent une part stable, représentant 21,2 % de la capitalisation boursière.
Enfin, 2025 restera aussi comme une année de grandes avancées réglementaires : refonte du cadre juridique des OPCVM, lancement du premier contrat à terme sur indice adossé au MASI 20… autant d’étapes clés dans la modernisation des instruments financiers au Maroc.
En définitive, le rapport de l’AMMC dresse le portrait d’un marché des capitaux en pleine effervescence, plus profond, plus liquide et mieux armé pour accompagner le financement des investissements et des grands chantiers économiques du Royaume.








