Décès d’Abdelhak Tazi : Une figure historique de l’Istiqlal s’en va…

Feu Abdelhak Tazi.

Abdelhak Tazi est décédé à Rabat le mercredi 16 septembre 2026, à l’âge de 94 ans et non 87 ans comme cela a été écrit par erreur. Il a été inhumé le jour même, après la prière d’Al Asr, au cimetière Achouhada. Né à Fès en 1939, il appartenait à la génération qui a accompagné les premières décennies du Maroc indépendant et pris part à l’édification de l’État et de ses institutions. Ingénieur agronome formé en France, il a d’abord exercé dans l’administration et le développement rural avant de s’imposer comme l’un des cadres politiques de l’Istiqlal les plus en vue. 

L’engagement partisan de celui qui fait  la connaissance d’Allal El Fassi alors qu’il n’avait que 11 ans remonte à sa première jeunese. Il entre à la direction du parti lors du VIIe congrès, en 1965, puis devient secrétaire général de la Jeunesse istiqlalienne en 1969. Pendant plusieurs décennies, il assume diverses responsabilités au sein de la formation fondée par Allal El Fassi, traversant les grandes étapes de la vie politique marocaine. Son profil d’ingénieur et de haut responsable le conduit aussi à participer aux grands chantiers de l’après-indépendance. Il fut notamment associé à la préparation et à la mise en œuvre du premier plan quinquennal, à une époque où le pays cherchait à former ses cadres, moderniser son administration et accélérer son développement. Sa carrière gouvernementale débute en 1977 : il est nommé secrétaire d’État chargé de la Formation des cadres dans le gouvernement Ahmed Osman, fonction officialisée par le dahir de nomination du gouvernement en octobre 1977.

En novembre 1981, il devient secrétaire d’État aux Affaires étrangères dans le gouvernement de Maâti Bouabid. Cette expérience conjugue expertise technique, engagement partisan et action publique. Homme affable et discret, Abdelhak Tazi mène également une longue carrière parlementaire. Il préside le groupe de l’Istiqlal à la Chambre des représentants, puis à la Chambre des conseillers. Il participe aussi à la coordination de majorités ayant soutenu plusieurs gouvernements, notamment ceux d’Abderrahmane Youssoufi, de Driss Jettou et d’Abbas El Fassi. Cette longévité lui confère une place singulière dans la vie politique nationale. Il a connu de l’intérieur la construction de l’État indépendant, les mutations de l’Istiqlal, les alternances entre majorité et opposition, puis l’évolution du système partisan et parlementaire.

Homme d’appareil mais aussi de dossiers et de responsabilités institutionnelles, il était réputé pour son ouverture au dialogue et sa capacité à faire le lien entre les générations de militants et de responsables. Son itinéraire illustre une époque où les partis issus du mouvement national formaient l’une des principales écoles d’élites politiques. En 2015, soucieux de transmettre cette mémoire, il publie ses mémoires sous le titre Mémoires dans le militantisme national, politique et diplomatique. Dans ses confidences, le défunt  revient sur les étapes de son parcours et sur les grandes séquences politiques qu’il a vécues. Avec sa disparition, ce n’est pas seulement un grand dirigeant  politique  qui s’en va. Abdelhak Tazi était l’un des derniers témoins privilégiés  d’une génération ayant connu le Maroc des premières années de l’indépendance et accompagné, pendant plusieurs décennies, la transformation du pays.

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