Moyen-Orient : Après deux semaines de frappes, l’accalmie revient…

Trump- Iran : Une trêve fragile.

Après deux semaines d’une dangereuse escalade militaire, les États-Unis et l’Iran semblent avoir choisi de suspendre les hostilités. Cette désescalade, saluée par les marchés, a immédiatement entraîné un repli des prix du pétrole, même si les tensions restent loin d’être définitivement apaisées.

Laila Lamrani

Le scénario du pire semble, pour l’heure, s’éloigner. Après deux semaines marquées par une reprise des frappes américaines contre des objectifs militaires iraniens et des ripostes de Téhéran contre des intérêts américains dans la région, les deux capitales ont engagé une phase de désescalade qui met provisoirement fin à l’un des épisodes les plus tendus de ces derniers mois au Moyen-Orient. Durant cette séquence, chaque frappe avait appelé une nouvelle riposte, alimentant les craintes d’un embrasement régional susceptible d’entraîner plusieurs pays du Golfe dans le conflit. Les menaces autour du détroit d’Ormuz, par où transite une part essentielle du commerce mondial de pétrole, avaient ravivé les inquiétudes sur la sécurité des approvisionnements énergétiques et sur la stabilité de l’économie mondiale.

La suspension des opérations militaires marque donc un tournant. Si aucune des causes profondes de la confrontation n’a disparu, Washington comme Téhéran semblent avoir pris conscience des risques d’une escalade incontrôlée, tant sur le plan militaire qu’économique. Les marchés pétroliers n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir. Après avoir fortement progressé au plus fort des tensions, les cours du brut ont nettement reculé à la faveur de l’accalmie, les opérateurs estimant que le risque d’une interruption du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz s’est, au moins temporairement, éloigné. Cette détente constitue une bonne nouvelle pour les pays importateurs de pétrole, dont les perspectives inflationnistes s’étaient assombries au fil des bombardements. Cette baisse des prix de l’énergie est également accueillie favorablement par les économies les plus dépendantes des importations d’hydrocarbures, à commencer par plusieurs pays européens, mais aussi le Maroc, où toute variation des cours internationaux du pétrole a des répercussions directes sur les coûts de transport, les prix à la pompe et, plus largement, sur le pouvoir d’achat des ménages.

Pour autant, la prudence reste de mise. Le Moyen-Orient demeure une région où les équilibres restent particulièrement fragiles. Le moindre incident, une attaque de milices alliées, une frappe ciblée ou un nouvel accrochage naval dans le Golfe pourraient rapidement remettre en cause cette accalmie et provoquer une nouvelle flambée des prix du pétrole. Si les armes se sont momentanément tues, la crise est loin d’être résolue. Le cessez-le-feu de fait observé ces derniers jours apparaît davantage comme une pause tactique que comme le prélude à une normalisation durable des relations entre Washington et Téhéran. Dans cette région du monde, les accalmies sont souvent aussi précaires que les crises sont soudaines.

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