À quelques mois de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, le Maroc entame un nouveau cycle avec la nomination de Mohamed Ouahbi à la tête des Lions de l’Atlas. Les matchs amicaux face à l’Équipe d’Équateur de football et à l’Équipe du Paraguay de football, prévus fin mars en Europe, constitueront les premiers tests du nouveau sélectionneur.
Jamil Manar
Avant même d’entrer dans le vif de la préparation au Mondial, les Lions de l’Atlas auront droit à un premier test sous leur nouveau sélectionneur. La sélection nationale « A » disputera deux matchs amicaux face à l’Équipe d’Équateur de football et à l’Équipe du Paraguay de football, respectivement les 27 et 31 mars 2026, dans le cadre de la préparation à la phase finale de la 23ᵉ édition de la Coupe du Monde de la FIFA 2026.
La première rencontre contre l’Équateur se jouera au Riyadh Air Metropolitano à Madrid (21h15), tandis que le second match face au Paraguay est programmé au Stade Bollaert-Delelis en France (20h00). Deux rendez-vous qui auront valeur de baptême du feu pour le nouveau sélectionneur des Lions de l’Atlas, quelques semaines avant le Mondial organisé du 11 juin au 19 juillet 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Le nom de Mohamed Ouahbi avait circulé avec insistance au plus fort des spéculations autour du remplaçant de Walid Regragui. C’est officiel depuis le jeudi 6 mars 2026. Un changement attendu qui traduit la volonté de la Fédération royale marocaine de football de tourner la page Regragui et d’ouvrir un nouveau cycle.
Présenté au Complexe Mohammed VI de football à Maâmora, Mohamed Ouahbi a pris la parole après avoir été introduit par le président de la FRMF, Fouzi Lekjaa. Le nouveau sélectionneur a exprimé son engagement « à travailler avec sérieux, humilité, et surtout beaucoup de patriotisme pour continuer de faire progresser l’équipe, qui a déjà énormément progressé […] équipe jeune, je pense qu’elle peut encore le faire davantage, pour rendre le peuple fier de son équipe nationale ».
L’entraîneur des U20 a désormais la responsabilité de guider une sélection classée 8e au classement mondial vers ses prochaines échéances, avec l’objectif de poursuivre son ambition et de consolider sa place sur la scène internationale.
Le choix d’Ouahbi est à la fois audacieux et symbolique. Audacieux, car passer d’un technicien ayant marqué l’histoire à un entraîneur issu des catégories de jeunes représente un pari. Symbolique, parce qu’il consacrerait une continuité générationnelle : celle d’un football marocain qui investit dans sa formation et valorise ses talents issus de la diaspora.
Belgo-marocain au parcours discret mais méthodique, Ouahbi a franchi un cap retentissant en menant les U20 au sacre mondial en octobre 2025, avec une victoire de prestige face à l’Argentine en finale. Un exploit qui lui a valu ses galons sur la scène internationale et, surtout, l’adhésion d’un public avide de titres. Gagner une Coupe du monde, même en catégorie junior, n’est jamais anodin : c’est un signal fort sur la capacité à gérer la pression, à structurer un groupe et à imposer une identité de jeu.
Sous sa direction, les Lionceaux progressent avec constance, avec un schéma tactique en 4-2-3-1 qui privilégie la maîtrise des espaces et les transitions rapides. Une configuration qui permet à Essadak et Maamma de s’exprimer pleinement, et où d’autres, à l’instar de Yassir Zabiri ou de Gessime Yassine, viennent éclore et exposer tout leur potentiel au plus haut niveau, jusqu’à la finale face à l’Albiceleste, remportée sur le score de 2-0.
En face, Walid Regragui reste l’homme de l’épopée du Coupe du monde de football 2022, marquée par une demi-finale historique au Qatar. Une performance qui a propulsé le Maroc dans une autre dimension et inscrit son nom dans les annales du football africain et arabe. Mais depuis, les résultats ont alimenté le débat : l’exploit de 2022 peut-il, à lui seul, constituer un socle durable ?
Le sélectionneur n’a pas encore enrichi son palmarès d’un trophée majeur avec l’équipe A. Deux occasions majeures se sont présentées à lui : la Coupe d’Afrique des nations 2023 en Côte d’Ivoire, puis la Coupe d’Afrique des nations 2025 organisée à domicile. Deux rendez-vous où le Maroc figurait parmi les favoris naturels, fort de son statut acquis au Qatar. Deux rendez-vous manqués qui ont ravivé les interrogations sur la capacité de Regragui à poursuivre l’aventure avec les Lions de l’Atlas.
Qui est Mohamed Ouahbi?
Né à Bruxelles le 7 septembre 1976, Mohamed Ouahbi a grandi dans le quartier de Schaerbeek. Sa passion pour le football voit le jour avec la Coupe du Monde 86, la famille encourage la Belgique, mais le cœur vibre pour le Maroc qui, dans cette édition, devient le premier pays africain à se qualifier au stade des huitièmes de finale. Ouahbi, père de 3 enfants, a d’abord choisi la voie de l’enseignement, avant d’embrasser celle du sport. Il suit une formation d’éducateur, puis enchaîne quelques expériences dans des écoles qu’il qualifie de «difficiles».
Lors de cette période, il est approché par le Maccabi Foot Brussels (MFB), club formateur de la capitale belge, où il découvre l’importance de la pédagogie et la communication. «Le fait de travailler avec des jeunes, de préparer des séances d’entraînement, m’a beaucoup apporté», avait indiqué le technicien marocain, dans un entretien avec le Bruxelles Bondy Blog. Titulaire d’une licence UEFA Pro, Ouahbi a développé une philosophie de jeu basée sur la technique, la discipline et la responsabilité. Selon lui, «le joueur doit réfléchir, comprendre le jeu, pas seulement exécuter». Au-delà de son rôle d’entraîneur ou de formateur, il est aussi un mentor. Le natif de Bruxelles a contribué au programme «Purple Talent», qui encadre les jeunes joueurs dans leurs parcours scolaire et humain.








