L’efficacité réelle du dispositif dépendra de plusieurs facteurs : la rapidité de traitement des demandes, la transparence des critères d’attribution et l’ampleur concrète des aides accordées.
Laila Lamrani
Face au renchérissement des prix du pétrole sur les marchés internationaux en raison de la guerre dans le Golfe et à son impact immédiat sur les tarifs à la pompe au Maroc, le gouvernement Akhannouch a annoncé, mardi 17 mars 2026 à Rabat, la relance d’un dispositif exceptionnel de soutien destiné aux professionnels du transport routier, qu’il s’agisse de marchandises ou Cette nouvelle opération entrera en vigueur le vendredi 20 mars 2026, avec l’ouverture des dépôts de demandes via la plateforme numérique du ministère du Transport. Cette décision s’inscrit dans le prolongement direct des mesures adoptées en mars 2022, à une période marquée par de fortes turbulences énergétiques mondiales. L’approche reste inchangée : fournir un appui financier ciblé aux acteurs du transport afin d’atténuer la pression exercée par la hausse des carburants sur leurs coûts d’exploitation. Dans un secteur où les marges sont souvent étroites, l’augmentation du prix du gasoil représente un facteur de déséquilibre susceptible de fragiliser durablement l’activité.
Au-delà du soutien sectoriel, l’exécutif poursuit un objectif plus large: contenir les effets en chaîne que pourrait engendrer une hausse prolongée des coûts de transport. En effet, ce secteur constitue un maillon central de l’économie nationale, assurant à la fois l’acheminement des marchandises, l’approvisionnement des marchés et la mobilité quotidienne des citoyens. Une augmentation significative des charges des transporteurs se répercute inévitablement sur les prix des biens et des services, alimentant ainsi les tensions inflationnistes et pesant sur le pouvoir d’achat.
Inflation importée
Dans cette optique, les autorités mettent en avant un impératif de stabilité économique. Le dispositif vise à garantir la continuité des chaînes logistiques, à préserver la fluidité de la distribution et à assurer la régularité des services de transport. Il s’agit, en filigrane, de limiter l’impact d’une inflation importée dans un contexte international marqué par l’incertitude et la volatilité des marchés énergétiques, souvent influencés par des facteurs géopolitiques et des perturbations de l’offre. Le champ des bénéficiaires reflète cette volonté d’action globale. Sont concernés aussi bien le transport routier de marchandises que le transport public de voyageurs, les taxis (petits et grands), le transport mixte, les autocars ainsi que le transport touristique.
Ce large périmètre traduit la volonté des pouvoirs publics de soutenir non seulement les chaînes logistiques, mais aussi les activités directement liées à la vie quotidienne des ménages et au dynamisme économique local.
Sur le plan stratégique, cette initiative illustre une posture pragmatique. Conscient de ses marges de manœuvre limitées face aux fluctuations des prix du brut à l’échelle mondiale, le gouvernement choisit d’agir sur les leviers internes dont il dispose. Le soutien ciblé à un secteur clé apparaît ainsi comme un moyen de prévenir une spirale inflationniste et de préserver l’équilibre économique à court terme.
Reste toutefois l’enjeu crucial de la mise en œuvre. L’efficacité réelle du dispositif dépendra de plusieurs facteurs : la rapidité de traitement des demandes, la transparence des critères d’attribution et l’ampleur concrète des aides accordées. Dans ce type de mécanisme, la réussite ne se mesure pas seulement à l’annonce, mais à la capacité d’exécution. Car pour les professionnels du transport, confrontés à la hausse immédiate du coût du carburant, chaque jour compte et une aide tardive risque de perdre une grande partie de son impact.








