« Je ne suis qu’un être humain, j’ai un cœur et une vision ! Et toi, entièrement dangereux, arrête de me fixer. Ne me dis même pas un mot ! Je suis contre la sagesse, j’accepte le destin et ce que l’amour a écrit pour moi. Celui qui aime la beauté, le sourire et la coquetterie, s’il meurt, sa mort est légitime ! Pauvre meskine, il meurt en martyr. Oui au sacrifice ! Celui qui aime la lune doit goûter à l’insomnie et se réveiller à l’aube avec cent mille brûlures. Tu n’as rien à craindre du sacrifice. Tu n’as rien à craindre, tu es la bonté incarnée. Ô mon maître, si beau, au-delà de toute description. Tu es plus radieux que les Pléiades. Et si tu ris avec moi, le monde entier rirait avec moi ! Avant même de te voir, mon cœur s’est emballé et m’a dit : « Écoute-moi, j’ai envie de pleurer. ». Ta beauté, ce sont tes joues et tes cils noirs ! Ta silhouette est si magnifique et gracieuse. Rien qu’en te regardant, je me suis dit : « Ah, c’est toi ! Bien toi ! ».
Cette chanson, « Ma Ana Ila Bachar… (je ne suis qu’un être humain…) », a marqué plusieurs générations. Elle fut en son temps, un gros tube dans le tout le monde arabe. Chantée par Abdelwahab Doukkali qui vient de nous quitter le vendredi 8 mai 2026 dernier. Qu’il repose en paix. Le chanteur était hospitalisé en service de réanimation depuis plusieurs jours avant de s’éteindre ce vendredi, provoquant une immense émotion au Maroc et dans tout le monde arabe où il est considéré comme l’un des piliers de la chanson arabe moderne. Tout au long de sa carrière, il s’est distingué par la richesse de ses compositions, la qualité de ses textes et son attachement à l’authenticité musicale marocaine. Grâce à un répertoire devenu intemporel, l’chanteur a largement contribué au rayonnement de la musique marocaine dans le monde arabe, s’imposant comme l’une des grandes voix de l’âge d’or de la chanson marocaine. De son vrai nom Laouni Bougarne, Abdelwahab Doukkali est né à Fès dans une famille de treize enfants. Il s’installe à Rabat à l’âge de 19 ans et travaille à la RTM (radiotélévision marocaine).
Ses débuts artistiques se poursuivent ensuite à Casablanca entre 1959 et 1962, période durant laquelle il participe à des activités théâtrales et radiophoniques. En 1962, il se rend en Algérie puis en Égypte, où il connaît ses premiers succès à l’international. À partir de 1965, il poursuit sa carrière musicale au Maroc. Ses chansons, interprétées en arabe littéraire et en dialecte marocain, portent sur des thèmes variés comme les relations sociales et la mémoire culturelle. Les activités d’Abdelwahab Doukkali incluent des compositions et des interprétations diffusées au Maroc et à l’étranger. Ses travaux ont été enregistrés dans différents répertoires et il a reçu des distinctions institutionnelles au cours de sa carrière. Il a participé à plusieurs projets audiovisuels, notamment en composant des musiques de films. Parmi eux figure « Vaincre pour Vivre » en 1968.
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