Iran-Etats-Unís : Un rapprochement sous haute surveillance

Le vice-président US JD Vance lors de son arrivée au Pakistan.

À l’issue d’un premier cycle de négociations en Suisse, les États-Unis affichent leur optimisme. Reprise des inspections nucléaires, mécanisme de contrôle des avoirs iraniens, maintien de la sécurité dans le détroit d’Ormuz et cessez-le-feu au Liban : plusieurs avancées sont revendiquées par Washington, même si les divergences avec Israël restent vives.

JAMIL MANAR

Le vice-président américain, J.D. Vance, a salué lundi 21 juin les résultats du premier cycle de négociations entre les États-Unis et l’Iran, organisé au Bürgenstock, en Suisse. Selon lui, les discussions ont permis d’enregistrer des progrès significatifs sur plusieurs dossiers sensibles. Téhéran aurait notamment accepté la reprise des inspections internationales de ses installations nucléaires.

Les médiateurs se sont également entendus sur un mécanisme destiné à encadrer la gestion des avoirs iraniens gelés, tout en garantissant le maintien de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, artère stratégique pour le commerce mondial du pétrole. À l’issue des discussions, J.D. Vance a aussi annoncé qu’un accord avait été trouvé afin d’assurer le respect du cessez-le-feu au Liban. Des négociations techniques doivent désormais se poursuivre dans les prochains jours, tandis que les premières discussions sur les modalités des inspections nucléaires pourraient débuter dès cette semaine. « Nous avons posé des bases très solides pour parvenir à un accord final », a déclaré le vice-président américain.

Des tensions relativisées

J.D. Vance a toutefois minimisé les tensions apparues après les menaces formulées la veille par Donald Trump de reprendre les hostilités contre l’Iran. Selon lui, les propos jugés « insultants » de responsables iraniens ne pouvaient rester sans réponse de la part du président américain. « Il y a eu quelques menaces et quelques plaintes, mais les discussions ont continué et nous avons réalisé des avancées importantes », a-t-il assuré.

Les avoirs iraniens sous contrôle

Le vice-président a également révélé qu’un mécanisme imaginé par Jared Kushner permettrait aux États-Unis et au Qatar de conserver un droit de regard sur les fonds iraniens dégelés après leur restitution à Téhéran. Ces ressources seraient exclusivement destinées à financer des achats de produits agricoles américains, notamment du maïs, du soja et du blé. Selon Washington, ce dispositif empêcherait que ces fonds soient utilisés pour financer des activités militaires ou des groupes armés. « L’argent iranien servira à aider le peuple iranien, pas à financer le terrorisme. Si ces avoirs sont débloqués, ils profiteront aux agriculteurs américains tout en contribuant à nourrir la population iranienne », a déclaré J.D. Vance.

Le Liban et les réserves d’Israël

Concernant le Liban, le vice-président américain s’est félicité de l’absence d’incidents majeurs au cours des dernières vingt-quatre heures, estimant que l’accord répondait avant tout à une demande des acteurs de la région. « Ce n’est pas un accord imposé par les États-Unis. C’est un accord que les pays de la région réclamaient depuis longtemps », a-t-il affirmé. De son côté, le président israélien, Isaac Herzog, a indiqué qu’Israël ne s’opposait pas à une solution négociée mettant fin au conflit avec l’Iran, à condition que tout accord empêche Téhéran d’utiliser les fonds récupérés à des fins militaires ou pour soutenir des groupes armés régionaux.

Quelques jours auparavant, J.D. Vance avait déjà défendu le protocole d’entente conclu entre Washington et Téhéran, tout en adressant un avertissement à Israël. « Donald Trump est aujourd’hui le seul chef d’État pleinement favorable à Israël parmi les grandes puissances », avait-il déclaré, avant d’ajouter : « Si je faisais partie du gouvernement israélien, je réfléchirais à deux fois avant de m’en prendre au seul allié puissant qui lui reste. » Ces déclarations illustrent les tensions croissantes entre l’administration Trump et le gouvernement israélien, malgré la solidité historique de leur alliance.

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