Près de deux semaines après les violents tremblements de terre qui ont frappé le nord du Venezuela, le bilan humain continue de s’alourdir.
JAMIL MANAR
Près de deux semaines après les violents séismes qui ont frappé le nord du Venezuela, le drame humain continue de s’alourdir. Les autorités vénézuéliennes ont annoncé, dimanche 5 juillet, un nouveau bilan officiel faisant état de 3 342 morts et 16 740 blessés, contre 2 954 décès recensés la veille. À mesure que les opérations de secours s’achèvent, les espoirs de retrouver des survivants s’amenuisent, tandis que le pays entre dans une douloureuse phase de deuil et d’identification des victimes.
Si le gouvernement ne communique toujours aucun chiffre officiel concernant les personnes disparues, les estimations des Nations unies évoquent plusieurs milliers de personnes dont le sort demeure inconnu. Les évaluations varient fortement, certaines projections faisant état d’environ 10 000 disparus, tandis que d’autres avancent un chiffre pouvant atteindre 50 000. Cette incertitude illustre l’ampleur du chaos provoqué par les deux puissants tremblements de terre qui ont dévasté le pays le 24 juin.
Dans les zones les plus sinistrées, les secours internationaux commencent progressivement à se retirer, après plusieurs jours de recherches intensives. Les opérations se concentrent désormais sur le déblaiement des quartiers détruits, l’identification des victimes et l’assistance aux dizaines de milliers de rescapés privés de logement.
À Catia La Mar, dans l’État de La Guaira, épicentre de la catastrophe, les autorités ont entamé l’inhumation des corps qui n’ont pas encore pu être identifiés. Selon des constatations de journalistes sur place, 159 tombes destinées à des victimes anonymes ont déjà été aménagées dans le cimetière de La Esperanza, tandis que 95 autres sépultures accueillent des personnes dont l’identité a pu être confirmée.
Les fossoyeurs, assistés de pelleteuses mécaniques, poursuivent le creusement de longues tranchées afin de faire face à l’afflux de dépouilles.
Malgré ces enterrements, les autorités assurent que les victimes pourront être identifiées ultérieurement.
Dans les rues de La Guaira, les scènes de détresse se multiplient. Zuly, une mère de famille, recherche inlassablement son fils de 23 ans, employé dans une boulangerie de Catia La Mar au moment de la catastrophe. Depuis plusieurs jours, elle dort avec sa fille sur une petite place voisine, refusant de quitter les lieux tant que les équipes de déblaiement n’auront pas fouillé les derniers amas de gravats où elle espère encore obtenir des réponses.
Au-delà du lourd bilan humain, les séismes ont laissé derrière eux des quartiers entiers réduits en ruines, des infrastructures gravement endommagées et des dizaines de milliers de sinistrés confrontés à une urgence humanitaire majeure. Alors que les recherches touchent à leur terme, le Venezuela se prépare désormais à un immense chantier de reconstruction, mais aussi à une longue épreuve de recensement et d’identification des victimes, indispensable pour permettre à des milliers de familles de faire enfin leur deuil.








