Malgré diverses contraintes, Maroc Telecom signe un premier semestre 2026 en fanfare. Le groupe affiche un chiffre d’affaires consolidé de 19 milliards de dirhams, en hausse de 5,4 %, porté à la fois par la résilience du marché marocain (+2,2 %) et, surtout, par le dynamisme offensif de ses filiales Moov Africa, dont les revenus s’envolent de 7,5 %.
La révolution des usages numériques continue de transformer la matrice du groupe. Au Maroc, la Data mobile bondit de 20,2 %, tandis que la Data fixe progresse de 12,3 %, dopée par une progression spectaculaire de 30 % du parc FTTH. Ce basculement vers le Très Haut Débit redessine les équilibres : les activités fixes accélèrent à +4,5 %, là où le mobile marque le pas (+1,4 %).
Une rentabilité solide
Sur le plan opérationnel, la maîtrise des coûts reste une marque de fabrique. L’EBITDA atteint 9,54 milliards de dirhams (+5,1 %), pour une marge confortable de 50,2 %. Le parc client franchit quant à lui le cap des 77 millions d’abonnés, en hausse de 2,9 % sur un an. Côté résultat net part du groupe, les 2,48 milliards de dirhams affichent un repli en apparence trompeur. Dans les faits, cette baisse s’explique uniquement par la disparition de l’effet exceptionnel lié à l’accord avec Wana Corporate. Hors cet élément non récurrent, le bénéfice net s’inscrit en réalité en progression de 8,1 %, une preuve éclatante de la vigueur sous-jacente des fondamentaux.
Moov Africa, le relais de croissance incontesté
À l’international, la galaxie Moov Africa monte en régime. La croissance de 7,5 % de son chiffre d’affaires est portée par des segments à forte valeur ajoutée : la Data mobile progresse de 12,5 % et le Mobile Money s’adjuge une hausse de 18,2 %. L’EBITDA des filiales suit la même trajectoire ascendante (+8,7 %), avec une marge opérationnelle en nette amélioration.
Investissements d’avenir
Pour soutenir cette dynamique, Maroc Telecom maintient un rythme d’investissement soutenu, avec des capex de 3,42 milliards de dirhams, représentant 17,6 % du chiffre d’affaires, prioritairement fléchés vers les réseaux fixes et mobiles Très Haut Débit. Le cash-flow opérationnel s’élève à 4,61 milliards (+3,9 %), permettant de financer la croissance tout en conservant une structure bilantaire très saine, matérialisée par un ratio dette nette/EBITDA contenu à 0,9 fois. Fort de ces indicateurs, l’opérateur historique confirme ses objectifs annuels, misant sur une nouvelle progression du chiffre d’affaires et de l’EBITDA, tout en poursuivant sans relâche sa stratégie d’infrastructures et l’exploitation des nouveaux relais de croissance sur le continent africain.








